Un ministre algérien stigmatise le danger des fils de harkis.

Le 29 novembre prochain, des élections locales auront lieu en Algérie. Un scrutin insipide précédé d’une campagne électorale terne, qui n’intéresse qu’accessoirement les algériens malgré le battage des médias publics d’Alger. Il n’était pas dans les intentions de ce blog d’en parler. Mais la dernière sortie du ministre Amara Benyounès, chargé de l’aménagement du territoire, de l’environnement et de la ville, en a décidé autrement.

Selon le quotidien El Khabar, il a déclaré que des listes électorales d’autres partis politiques mentionnaient des noms de fils de Harkis. Et il a poursuivi en disant que cela constituait un danger grave pour l’avenir du pays.

Qui est Amara Benyounès ?  C’est le secrétaire général d’un parti satellitaire du pouvoir, le Mouvement populaire algérien ( MPA). Un parti qui a été mis en orbite juste avant les législatives de mai dernier. Proche des services de sécurité, il est le tenant d’une ligne dite moderniste et éradicatrice (résolument anti-islamiste). Son activisme récent des derniers mois a été généreusement récompensé par une place au sein du gouvernement Sellal.

Qu’est-ce qu’un harki ? Par définition, c’est un individu ayant servi dans une formation paramilitaire coloniale en Algérie française avant juillet 1962. Les raisons ayant poussé une partie des indigènes musulmans (selon la terminologie de l’époque) à combattre leurs coreligionnaires sont très diverses. Des raisons économiques pour échapper à la misère, parfois des actes de vengeance  suite à des persécutions de membres du FLN, un enrôlement de force dans des unités françaises, des allégeances tribales, etc… cela nécessiterait une étude scientifique et argumentée pour 50 ans après l’indépendance avoir un regard objectif sur cette question. Mais la remarque la plus importante est que les harkis ne constituent pas une race, une religion, une ethnie à part, rien ne les distinguait des autres musulmans.

Une telle étude reste difficile à faire en Algérie. Harki est une insulte dans le langage populaire,  synonyme de traître à la communauté, et c’est même un terme utilisé dans les invectives publiques. Il n’y a pas eu de Loi d’amnistie couvrant la guerre d’indépendance. Et le choix des autorités d’Alger après 1962 a été celui de l’amnésie collective. La question est rarement abordée par la presse locale. A part le récent témoignage de Brahim Sadouni, enrôlé de force dans l’armée française, qui semble être l’exception qui confirme la règle. Un silence jugé nécessaire pour faire oublier tous les anciens harkis qui ont continué à vivre en tant qu’algériens dans le pays de leurs ancêtres ?

Revenons au discours d’Amara Benyounès. Des paroles lourdes de sens, une forme de lapsus politique révélateur.

Primo, pour ce politicien se disant moderniste il y aurait plusieurs catégories de citoyens. Il y a là insidieusement une vision « ethnique » du pays. Les descendants de harkis ne devraient pas avoir les mêmes droits que les autres suivant son raisonnement.

Deuxio,  il institue une nouvelle insulte, celle de fils de harki. Il demande à ses militants de faire voter pour ses listes, celle des vrais nationalistes de la famille révolutionnaire. Certains concurrents n’étant à ses yeux que des traîtres en puissance. Il pointe du doigt le danger d’un gêne de la traîtrise qui se transmet de génération en génération. Discours d’un « modernisme » troublant. Discours clivant d’un membre du gouvernement qui ne se considère pas comme ministre de tous les algériens. La démonstration en est faite, celui qui est contre le régime est une personne louche. L’anathème est lancé, ceux qui veulent le changement ne peuvent être que des fils de harkis.

Tertio, beaucoup de commentaires sur la page d’El Khabar critiquent la position du ministre Benyounès. Plusieurs indiquent que les enfants ne peuvent être tenus pour responsables des actes des parents selon les principes musulmans, et que c’est même les critères de compétence qui devraient primer dans le choix des responsables publics. N’est-ce pas surprenant ! La société algérienne est beaucoup plus tolérante et moderniste sur ce point que le ministre Amara Benyounès. Mais malheureusement le bon sens populaire ne semble plus avoir de prise sur le dogmatisme d’une élite aveuglée.

Baki @7our Mansour

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28 commentaires pour Un ministre algérien stigmatise le danger des fils de harkis.

  1. SMATI Nour Eddine dit :

    Mon père a été enrôlé de force par la force colonial après avoir subit les menaces e les massacres d’une partie de sa famille. Aujourd’hui il subit la double peine sur sa situation en France ou il est considéré comme un citoyen « français de seconde zone », et un gouvernement infligé par son lourd passé qui est incapable de regarder devant lui comme son dynamique voisin Marocain qui a su se libérer de ses vieux démon.
    Alors aujourd’hui, ALGÉRIENS (FLN, berbères, anciens harkis, fils e filles de harkis), lavons l’Algérie de ses vieux démons et construisons l’avenir………………………………………

    • mehdi dit :

      non désolé , ont ne construit pas un avenir en écrasant le passé , un lâche restera lâche toute sa vie , vous aviez choisi libre a vous , mais restez la ou vous êtes

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  3. Nordine Kermache dit :

    Sallam et bonjour,
    je vis et je travaille en France. je suis algerien de nationalite. J’ai une question à poser à tous ces gens spepicialistes des harkis et de la guerre d’Algerie.
    Mon grand pere s’est engage dans l’armee francaise comme le President Ahmed Ben Bella (Allah YAREHAME) de 1956 à 1958; eNSUITE? Il a quitte l’armee et devenu employe dans la mairie de BLIDA; De 1958? Il n’ a fait qu’aider le FLN en argent, en logistiques, en informateur…..Chez nous, à la maison, il y a plein des attestationsde l’ALN signees dument par des Moudjahiddines
    SElon vous, mon grand pere etait il un harki ou un moudjahid ?

    Nordine Kermache

    • Redouane malik dit :

      Sans aucune doute, ton grand pere est un vrai moudjahid.. Si tu as des attestations comme preuve, il faut deposer un dossier de pension de moudjahid. Des gens avec 2 attestaions communales, ils sont moudjahides et dans beaucoup, ces attestations sont fausses et jamais verifiees…….La plupart de ces generaux etaient dans l’armee francaise, ils n’avaient rien fait pour le FLN, sauf en 1962, ils etaient opportunistes et rejoint le FLN, comme par hasard…..ils sont devenus tout de suite des maquisards et ensuite, ils sont devenus hauts fonctionnaires. Il faut voir la video de Benyoucef Mellouk, elle est sur internet….mais bonne chance, car l’ONM ne va jamis te repondre

      • 7our dit :

        Arrêtons de faire dire aux propos de Benyoucef Mellouk ce qu’il ne dit pas. Il a fait une enquête sur les faux moudjahidine du ministère de la justice. Un faux moudjahid n’est pas forcément un harki.

        D’ailleurs le calcul est très simple. A l’indépendance, d’après les chiffres du FLN-ALN, il y avait environ 150.000 Moudjahid. On en est arrivé aujourd’hui à un million d’anciens moudjahid. Il n’y avait ni un million de harkis, ni un million de moudjahid en 1962, sur une population de 10 millions d’algériens.

        D’autre part, arrêtons aussi des accusations sans preuves pour ne pas dire des mensonges sans scrupules contre certains généraux. Pendant des décennies, des menteurs nous ont présenté Chadli Bendjedid comme étant un ancien sous-officier DAF. Il n’avait jamais servi sous la bannière tricolore.

  4. le harki c´est un traitre, il a trahis son pays,sa religion,ses compatriotes… pour de Gaulle les harkis sont que des jouets de l´histoire. abandonné par l´armée coloniale francaise. livré a leur sort. le traitre bachagha boualem sid ahmed belarbi de chlef algerie (mon pays la france) accusant de Gaulle d´avoir prété le couteau au FLN historique pour égorger les supplétifs (traitre harkis)

    • 7our dit :

      j’ai déjà répondu à de tels commentaires remplis de haine. Inutile de faire un copier-coller, la réponse se trouve ci-dessus dans cette page.

      • malika dit :

        je demande à tout ces gens qui jugent les harkis et leurs enfants de nous présenter leurs familles dans le détail et on verra, je suis sur et certain que chaque famille algérienne en a au moins un harkis dans ses rangs. de plus c’est très facile de porter des jugements de valeurs sur des personnes ayant vécus des situations exceptionnelles, la misère , la hogra, la pauvreté l’ignorance, la guerre etc. et puis n’est ce pas la famille révolutionnaire qui a conduit le pays à la catastrophe et la ruine que nous vivons aujourd’hui, par des vols des détournements, des transferts de capitaux vers la France justement et j’en passe. à la fin au nom de quelle religion, de quelle sciences un enfant est il responsable des actes commis par son père qui, dont bien des cas, ne le connais même pas? a ces donneurs de leçons et à ces juges en situation favorables,je dis qu’avez vous faits, présentement, pour l’Algérie qui est en situation de guerre contre le terrorisme depuis maintenant vingt ans, avez vous pris des armes pour la défendre? vous ouvrez juste vos grosses gueules, sans plus, moi j’en connais des fils de harkis qui ont pris les armes pour la sauver. un peu le revers de médaille, car pendant ce temps vous ventiez juste le mérite de vos ancêtres maquisards, comme si le monde a arrêté de tourner depuis, ou alors vous êtes dédouanés à vie. faites votre histoire à vous, car l’histoire ne s’arrête jamais et bientôt on dira de vous que vous êtes aussi des harkis car vous avez trahi, aussi, l’Algérie, en venant pas à son secours, par lâcheté.

  5. Merktoub MohSaid dit :

    Il ya ces genies qui savent parfaitement ou sont les bons et les mechants, avec leur cervelle de sauterelle. Ce type de personnes ont des idees tres arretees….La guerre, l’histoire sont plus complexe….et la balance du destin d’un homme est plus fragile. Entre un Moudjahid et un Harki ou bien entre un heros et un lache, la difference est l’epaisseur de la feuille du tabac a chiquer….alors il faut aller chiquer. Peut-etre, que certains peuvent trouver la difference ou la verite de leur jugement irreductible.

    • mehdi dit :

      si nous devrions présenter les deux famille , vous allez vous suicider , des martyres , des moudjahidines , d’une valeur sur , il faut appeler chat par son !!!!! j’en suis sur que vous connaissez la réponse que celle du traître , il faut l »‘appeler !!!!!! harki a vie.

  6. Amazigh dit :

    Un Harki, par définition est un Lâche. Traître, celui qui a trahi ses frères, sa famille, son village et sa patrie. Chercher mobiles qui l’ont inciter pour justifier la trahison !! La raison est simple. Vendre son honneur pour remplir le ventre, en ignorant les tortures atroces, affreuses, inhumaines infligées à ses frères et sœurs algériens. Mais…..qualifiant des HARKIS, aussi, ceux, après l’indépendant ayant occupés des postes de responsabilités qui spolient, s’accaparent des deniers publics.
    Pour moi, tous ceux ou celles qui ont travaillé ou qui travaillent à présent dans le sens de mettre à genoux l’Algérie, EST HARKI BATARD.

    • 7our dit :

      El Mokrani était un bachagha, entre autres il récoltait l’impôt pour l’administration française avant sa révolte. Ben Bella s’est engagé dans l’armée française lors de la 2ème guerre mondiale. Boudiaf était fonctionnaire avant d’être adjudant dans l’armée française. A vous entendre, c’était tous des traîtres qu’il fallait liquider. La vie est plus compliquée que ce que vous affirmez.
      Continuons la série, combien de membres du régime algérien ont perdu des proches pendant la guerre d’indépendance. Daho Ould Kablia a perdu plusieurs frères chahids. On peut critiquer leur politique, les faits de corruption, les choix qui emmènent l’Algérie sur une pente dangereuse…cela est une chose. Mais les accuser d’être des traîtres à la solde de l’étranger est un acte à la fois suspect et porteur du germe du totalitarisme.
      Pour ma part je me méfie de ceux qui ont des idées arrêtées. Et comme disait un auteur né et ayant vécu en Algérie : « juger c’est ne pas comprendre et comprendre c’est ne pas juger. »

    • Sadouni dit :

      L’homme ne se grandit que par sa sagesse, mais s’il est touché par sa haine, alors il n’est plus que petitesse !

    • ADEL dit :

      ET LES HARKIS RICHE QUAND FAIT TU?il n’y AVAIT PAS QUE DES PAUVRE?SANS LES HARKIS VOUS AURIEZ ETAIT TOUS EGORGE QUAND VOUS ETES ARRIVE EN FRANCE?QUI VOUS A PROTEGE ET EDUQUE?ET POURQUOI TOUT ALGERIENS VEUT PAS VENIR FUIRE L’ALGERIE ET REGRETE QUE LA FRANCE NE SOIT PAS RESTE QUAND TU VOIE DES FRERE MOURIR EN TENTANT DE REJOINDRE L’EUROPE?PENSE SI TU PEUT?SALUTATIONS

  7. 7our dit :

    Lecture préconisée d’un long article sur les harkis sur le site lanation.info intitulé « Un Américain chez les Harkis« . En voici quelques extraits:

    1. La harka c’est l’ensemble des catégories d’Algériens qui ont pris les armes aux côtés de la France et donc contre leurs propres compatriotes. Ces catégories sont au nombre de cinq : les Groupes mobiles de protection rurale, les Mokhazni, les Unités territoriales, les Groupes d’autodéfense et les Harkis proprement dits

    2. La communauté harkie est très diverse et elle résiste à la définition. Vincent Capranzano préfère la définir comme une ‘’communauté de mémoire’’ ou, empruntant la notion à une collègue italienne, Francesca Cappeletto, une ‘’communauté mnémonique.’’ Pour lui, ce qui unit les harkis c’est ‘’une épreuve commune, une blessure qui est parfois devenue, un point de référence quasi-obsessionnel dans la compréhension qu’ils ont d’eux-mêmes, leur identité’’

    3. La harka c’est un grand nombre d’individus, de destins, de cheminements particuliers. On y trouve toutes les motivations à l’exception de la motivation politique ou patriotique qui dirait la France c’est ma patrie et je m’engage pour elle. ( : 85) Il y a une multitude de cas. Il y a ceux qui ont été enlevés dans leur tribu et forcés de s’engager ( : 87). Ont été forcés aussi de prisonniers de l’ALN qui devaient choisir entre l’engagement ou la mort. Sont également venus à la harka ceux qui voulaient se venger d’une injustice du FLN sur un membre de la famille ou du clan ( : 85). Et il y a, surtout, la grande majorité à la recherche d’un revenu pour subvenir aux besoins de leur famille, voire pour échapper à la misère et au dénuement. ’’La plupart d’entre eux étaient des paysans indigents et illettrés qui le firent parce qu’ils avaient désespérément besoin de l’argent que cela leur rapporterait pour survivre dans un pays appauvri et déchiré par la guerre’’

    4. Concernant les enfants de harkis: Il reste que, pour la majorité, c’est toujours ‘’la galère’’. Comment peut-on être harki aujourd’hui ? Ce qui semble se dessiner c’est un rapprochement avec les Algériens de France qui vivent exactement les mêmes conditions et sont en butte aux mêmes problèmes. L’auteur note que ‘’les enfants et petits enfants de harkis de ces cités ont fini par s’identifier aux travailleurs immigrés, et ont connu à peu près la même marginalisation’’ ( : 195). Et de citer, à l’appui de cette observation, un rapport gouvernemental qui note que ‘’les harkis se rapprochaient des immigrés algériens, se mettaient peu à peu à fréquenter les mêmes épiceries, les mêmes boucheries et aussi les mêmes cafés et, à cette occasion, renouaient des relations avec les gens de leurs douars’’ ( : 164). Certains d’entre eux pensent que l’avenir c’est de renouer avec la société d’origine.

    Voilà, j’espère que cela donnera envie au lecteur de lire l’article d’origine.

  8. Taamamet Yamina dit :

    Sallaam,
    On nous parle toujours des harkis, des faux moudjadines, des enfants de harkis. Que quelqu’un nous parle, une seule fois, des faux harkis. Dans cette marmelade, il y en a !. Que le President algerien Abdelaziz Bouteflika, son Exdellence, et les membres du gouvernement, lance une circulaire d’investigation sur les faux harkis, car la pepiniere est pleine. Certains membres du FLN et des mahakmas sont fait stigmatise des personnes innocentes et ont fait des dossiers de diffamation, de faux dossier sur de vrais moudjahidines et ils les ont mis dans le sac des harkis. Ce sont tout simplement de faux harkis. Ces personnes innocentes doivent etre rehabilites et indemnises pour les injustices commises par l’Etat.
    Il faut oser affronter l’histoire et la verite, si on est un bon leader et un bon croyant, car on va retourner tous a Dieu, un jour.

    Taamamet yamina

  9. Sadouni dit :

    « Une belle occasion de perdu et un grand gâchis pour cette splendide région des Aurès et de cette grande ville de Batna ».
    -Pierre Albertini : ancien maire de Rouen et député
    Attestation.
    — Je soussigné : Pierre Albertini, alors maire de Rouen et député de la Seine-Maritime, atteste la véracité des faits suivants :
    Le conseil municipal de Rouen, élu en 2001 désireux de s’engager dans une coopération décentralisée, a souhaité nouer des relations avec une ville d’Algérie. Les élus de Batna (où je suis né) m’ont alors approché et fait savoir leur vif intérêt pour une telle coopération pouvant déboucher ensuite sur un jumelage officiel entre nos deux villes.
    Au printemps 2005, une délégation de plusieurs élus rouennais a donc été constituée pour explorer sur place les voies et moyens d’une action commune. Devant conduire moi-même cette délégation, j’ai pris soin de la composer d’élus directement intéressés par la perspective de ce jumelage. Parmi ceux-ci, la présence de M. Brahim Sadouni, lui-même né à Arris (département. De Batna) me paraissait indispensable, en raison de sa connaissance du pays et de liens familiaux qu’il y conserve.
    Tous les élus, dont la liste avait été communiquée au consulat d’Algérie, ont obtenu sans difficulté leur visa. Seul, celui de M. Sadouni tardait à lui être délivré, alors même que nos billets d’avion avaient été retenus et notre visite soigneusement organisée par les élus de Batna. Inquiet de ce retard, j’ai eu un entretien, dans mon bureau, avec le consul d’Algérie dont la résidence est à Pontoise. Il s’est réjoui de ce projet de jumelage, mais ne m’a pas caché l’impossibilité de délivrer son visa à M. Sadouni, en raison de sa qualité d’ancien harki. Il m’a invité à me rendre sans lui en Algérie pour ne pas ruiner la possibilité d’un rapprochement entre Batna et Rouen. J’ai fait valoir alors que, à mes yeux, tous les élus rouennais avaient la même valeur et que, si l’Algérie récusait la présence de l’un d’eux, quel qu’il soit, je renoncerais à ce voyage auquel j’étais personnellement très attaché. Devant mon insistance, le consul m’a suggéré que M. Sadouni écrive une lettre exprimant ses regrets d’avoir servi la France comme harki. L’intéressé a refusé d’entreprendre une telle démarche, contraire à sa dignité, ce que j’ai immédiatement approuvé.
    Pour me prouver sa bonne volonté personnelle, le consul d’Algérie m’a alors avoué que même s’il délivrait un visa à M. Sadouni, celui-ci serait refoulé à son arrivée sur le territoire algérien.
    Il m’a précisé, en effet, qu’un fichier, établi par le ministre de l’intérieur algérien, regroupait toutes les personnes indésirables en Algérie. Parmi celles-ci figuraient les harkis même non engagés dans les opérations militaires. Seule, une décision du ministre de l’Intérieur pouvait modifier une telle liste.
    Dans l’impossibilité de surmonter cette opposition, j’ai rendu publique ma décision de ne pas me rendre en Algérie, à l’initiative de la ville de Batna, tant que l’un des élus municipaux serait ainsi l’objet d’une discrimination injustifiable, et alerter le ministre des Affaires étrangères. À ce jour la situation n’a malheureusement pas évolué, comme le montre un film récemment diffusé par la télévision française : un ancien harki, venu voir sa famille et son village, a été refoulé dès son arrivée à l’aéroport.
    Cette discrimination, pratiquée plus de 40 ans après la fin de la guerre d’Algérie, est insupportable. Outre qu’elle viole les accords d’Évian, signé en 1962, elle porte atteinte à la dignité, à la liberté d’aller et de venir et au maintien des liens familiaux d’une partie de nos compatriotes.
    Fait à Rouen, le 1er octobre 2010.
    Pierre Albertini.

  10. Sadouni dit :

    Pierre Albertini le 1er octobre 2010
    Ancien maire de Rouen
    et député.

    Attestation.

    Je soussigné, Pierre Albertini, à l’époque, maire de Rouen et député de la Seine-Maritime, certifie que M. Brahim Sadouni, conseiller municipal, a proposé, en séance publique, que le conseil municipal de la ville exprime sa solidarité avec le peuple algérien, à l’occasion du violent tremblement de terre ayant ravagé Alger et sa région, le 21 mai 2003.
    À l’initiative de M. Sadouni, le conseil municipal a accepté, à l’unanimité, d’allouer une aide financière aux sinistrés algériens. Cette aide a été versée à une association de maires travaillant avec un organisme humanitaire qui s’était engagée à en garantir l’acheminement aux victimes locales. L’autorité morale dont jouit M. Sadouni a certainement influé sur la décision du conseil municipal.

    Pierre Albertini.

  11. Sadouni dit :

    UN PRISONIER :
    Sauvé par le destin !
    PEUT-ÊTRE QUE QUELQU’UN SE SOUVIENT-IL DE CE JOUR DE 1961 ?
    -J’avais 17 ans.
    -Le sang des hommes coule chaque jour dans cette contrée avec la même couleur et la même souffrance, quelle que soit leur origine. Pourtant les artisans de cette tragédie semblent bien loin de cette pièce théâtrale où les acteurs deviennent des blessés et des cadavres. Hélas ! Dans de telles circonstances, ce sont toujours les victimes qui font l’histoire.
    Le printemps de 1961 nous offre comme chaque année sa merveille et sa beauté, tandis que les jardins et les champs s’éveillent après leur longue hibernation, tapis de bourgeons et de fleurs, toutes ces couleurs apparaissent comme par magie, laissant échapper ces parfums de roses et de fleurs que la nature sait si bien faire depuis que la terre est terre. La matinée était ensoleillée avec son éclatant ciel bleu couleur d’espérance.
    Comme d’habitude, je viens voir ce matin mon officier le lieutenant Parent pour ranger et nettoyer son bureau. L’officier m’avait désigné pour cette corvée, car j’étais un des seuls qui pouvaient lire et écrire, je pouvais ainsi faire la différence entre les documents et les papiers inutiles.
    Mais ce jour-là était spécial, je venais de découvrir avec mes collègues que toute la région de Bouzina subissait un assaut militaire d’une grande envergure. De notre base à Aourir, on pouvait apercevoir les engins militaires avec un bruit de chenille tel que les half-tracks, leurs mitrailleuses toujours prêtes à cracher leur feu d’enfer. En mouvement constant toute l’armada se met en position sur les pics de collines ou de crêtes, se tenant prête à livrer le combat. Le ballet d’hélicoptère dans leur danse en plein ciel faisant le va-et-vient, hachant au passage avec leurs hélices l’air frais de la matinée dans un vacarme assourdissant, jouant en toute liberté aux libellules géantes dans cet espace aérien.
    Les paras en tenue de camouflage casquette vissée sur la tête, une vraie armée active qui s’était déployée sur ces flancs de montagnes, de collines, ou encore dans les oueds, à la recherche de leurs proies, comme des fauves, pistant les moindres recoins de cette vallée sauvage. On pouvait observer le spectacle avec nos puissantes jumelles et voir toutes ces petites têtes en vagues successives fouillant la terre à l’affût d’un ennemi invisible. J’étais la, devant, figé à l’entrée de notre baraquement le seul lotissement de bureau que la civilisation nous a apporté et mis à notre disposition pour le service administratif de la sas de Bouzina. Pendant que je contemplais tout ce spectacle, je vis arriver une jeep, vitesse à toute allure et vient se planter juste devant moi marquant un arrêt brutal.
    À l’intérieur trois militaire casqué et armé jusqu’aux dents, ramenant avec eux un prisonnier, aussitôt descendu du véhicule, il est bousculé avec brutalité , l’homme parait perdre son équilibre sous la violence de quelques coups dans le dos, il titube et finis dans un élan par une chute à terre. Ses mains rouges de sang sont attachées solidement dans le dos avec du fil de fer, il est traîné par un soldat le tenant par l’épaule et va lui coller les genoux à terre, face au mur. C’est la guerre, et ces choses ne sont pas faciles à supporter, notre officier s’avance et vient saluer avec respect le capitaine des paras qui lui répond avec le même geste une discipline hiérarchique. Le galonné explique aussitôt en quelques mots la situation des opérations et le but de son intrusion , avec une oreille tendue, je perçois quelques bribes de phrases qui sont débitées dans un langage militaire.
    D’après le capitaine, il y a eu des accrochages la nuit dernière et des hommes sont tombés de part et d’autre, quelques soldats ont péri dans des embuscades tendues par le FLN. L’armée venait d’essuyer des pertes dans cette région, avait expliqué rapidement l’officier. Après avoir confié le prisonnier à notre S.A.S, les militaires sont repartis daredare pour se retrouver sur leurs arrières positions, moi je n’avais pas encore la notion de bien comprendre ces stratégies militaires.
    Le lieutenant avait demandé aussitôt au prisonnier de s’asseoir normalement et tourner le dos au mur. Avec d’autres harkis, nous avons pu observer du regard l’état de cet homme dont l’âge avoisiné approximativement les 45 ans. Ma première impression fut l’image que je pouvais voir sur lui, le crâne rasé portant des traces rouges sur son cuir chevelu, sa tête dodelinée avec le sang qui lui coulait le long des tempes. Les yeux rougis, ses joues encore tremblantes il a été sévèrement torturé. Pour éviter de voir encore ces images trop pénibles, j’ai préféré retourner à mon poste de garde ou j’avais été affecté. Mais ce visage ne voulais pas se détacher de ma vision et me poursuivait, j’avais l’impression d’être aussi coupable et responsable de cette souffrance.
    Après quelque temps de répit, je pressentais une appréhension inconnue venue m’envahir me poussant à aller vers cet homme. Une conscience s’est manifestée en moi, je reviens sur mes pas et retraverse toute la cour du poste militaire jusqu’à repasser devant le prisonnier, lequel avait comme par télépathie senti que quelque chose avait bougé en moi. Dans un regard plein de tristesse et de désolation, il m’adresse la parole en ces termes :
    — Mon fils, aide-moi sinon ils vont me tuer comme les autres.
    Je lui répondis aussitôt :
    — que veux-tu que je fasse, si toi tu travailles pour le FLN je ne pouvais rien faire pour toi, malheureusement.
    Lui répondis- je d’un air navré.
    — Non ! reprit-il d’une voix brisée.
    — Je n’ai jamais travaillé avec le FLN ni avec personne d’autre d’ailleurs.
    Je lève mes mains vers le ciel et lui dit : -demande à Dieu, lui seul pourra t’aider, moi je ne suis rien du tout.
    — Mais non ! me dit-il sur un ton meurtri, rappelle-toi lors de vos patrouilles, vous passer souvent devant chez moi.
    Puis il rajoute, très sûr de lui : —tu sais devant le moulin, à côté du ruisseau, c’est là où vous passé souvent. Moi j’habite juste la maison qui se trouve à côté et tu vois mon fils, je suis aussi père de six enfants, que vont devenir mes enfants si jamais il m’arrivait quelque chose.
    — Crois-moi, me dit-il la voix enrouée, mais ses mots étaient des cris, je te jure devant Allah que je n’ai jamais fait de mal à personne.
    — Mais comment se fait-il alors que les militaires t’ont ramassé, lui demandais-je de nouveau, intrigué, par toutes ses paroles, aussi dures et ces mots qui venaient creuser en moi une douleur inattendue.
    — Les soldats sont rentrés chez moi, reprit-il : par ce qu’ils ont eu des morts dans une embuscade à côté de nos maisons et ils nous ont accusés d’avoir hébergé ceux qui les ont attaqués.
    — Les soldats ont déjà exécuté certains villageois, ils les ont pris pour des membres du FLN insista-t-il, le regard au bord des larmes. Mais, j’ai peur qu’ils reviennent aujourd’hui, pour m’amener avec eux et cela seul Dieu sait ce qui pourra advenir de moi, je t’en supplie mon fils, tu peux faire quelque chose pour moi, je t’ai entendu parler avec le lieutenant en français.
    Après m’avoir supplié avec toutes les paroles de supplicier, j’ai ressenti ce poids énorme que le destin a voulu poser sur moi comme témoin de cette tragédie, comment allais-je affronter l’impossible, me dis-je ?
    Pourtant dans ma vie jamais je n’avais ressenti de courage comme ce jour, quelque chose s’était hissé en moi pour accomplir un geste envers un autre humain. En ce temps-là, il n’était pas facile pour le petit harki comme moi d’aller expliquer quelque chose dont le sort pouvait se retourner contre vous. Cependant, j’avais appris ce vieux proverbe arabe qui disait ceci : (ne viendra celui qui te tuera que lorsqu’il arrivera celui qui te sauvera). Toujours est-il : je me suis armé d’un certain culot pour affronter mon officier, je savais qu’il avait toujours de la sympathie pour moi.
    Après avoir frappé à la porte du bureau, je rentre et salue avec un garde-à-vous en claquant des talons devant mon officier.
    D’un regard surpris et interrogatif
    — que veux-tu Sadouni ? Me dit-il :
    — Mon lieutenant, s’il vous plaît, je viens vous voir pour vous demander pourquoi ils ont arrêté cet homme.
    L’officier était en train de ranger une pile de papiers, s’arrêta de travailler et me lança :
    — tu le connais ! Comme poussé par je ne sais quoi, je lui réponds aussitôt, oui mon lieutenant, je connais cet homme et il prêtant que j’ai même pris le caoua chez lui, répondis-je dans un mensonge, alors que la trouille continue à me tortiller le ventre.
    Cependant, j’avais moins peur de mon officier que des autres militaires, la peur c’est d’être aussi soupçonné de magouilles avec cet homme que je ne connaissais pas a vrais dire et cela peut m’amener droit à l’interrogatoire du 2° bureau, à la torture, peut-être au poteau ?
    Interrogatif par mon insistance, le lieutenant Parent continue à me chercher de son regard, mais je sentais qu’il y avait en lui de l’humanisme et de la sensibilité et cela je le savais.
    Peut-être que mon intervention l’avait aussi touché et il me laissa le temps pour lui expliquer que s’il ne libérait pas cet homme, cela serait peut-être contraire à la politique que la France veut donner à la population. L’officier met son képi sur la tête et m’invite à le suivre, ce que je fis aussitôt. Arrivé devant le prisonnier, il prit le temps de l’ausculter de chaque côté de son visage et de la tête, le lieutenant se retourne vers moi et me propose de demander à ce Monsieur s’il a déjà côtoyé le FLN.
    Après l’avoir questionné en chaoui, l’homme nia totalement d’avoir travaillé, ni de près, ni de loin, avec ces maquisards.
    Les questions de mon officier n’étaient pas anodines, mais elles avaient un sens pour lui. Dans son dernier regard qu’il me lança droit dans les yeux, le doigt pointait sur mon estomac comme une baïonnette, me prenant à témoin, il me dit :
    — Toi Sadouni, donc, tu connais bien cet homme ?
    Tremblant de tout mon corps, je continuais à répondre, par un oui, mon lieutenant. Par instinct, je savais que je pouvais trouver en lui de l’humanisme.
    Après avoir réfléchi un court instant, le lieutenant me fait signe de la main pour le suivre à son bureau. Une fois arrivé à l’intérieur du local, il sortit un formulaire de son tiroir, un laissez-passer, il prit soin de remplir le document mentionnant dessus le nom du prisonnier, puis il apposa son cache de la S.A.S et le signa.
    — Tiens ! prends ça et va détacher le prisonnier pour qu’il rentre chez lui. Me dit-il avec compassion.
    Surpris par ce geste extrêmement fort venant de sa part. Une émotion s’est aussitôt emparée de moi et j’ai ressenti une chaleur, me remonter des pieds à la tête. Je remercier fraternellement ce libérateur pour m’avoir fait confiance. J’avais aussi salué chaleureusement ce français, qui avait usé de sa personne pour rétablir le bien contre le mal. Je savais que son influence était grande dans la région, et que la libération du prisonnier était pour lui un acte d’amitié envers la population de Bouzina.
    Aussitôt dehors, je me suis procuré une tenaille dans ma caisse à outils de mécanicien. J’ai rejoint l’homme pour soulager sa souffrance en coupant avec délicatesse les fils d’acier qui serraient fortement ses poignées et lui avait tailladé la peau, laissant des plaies ensanglantées. Je lui remis le papier de la liberté.
    L’homme s’est presque jeté sur moi et il m’a collé contre sa poitrine, me remerciant, avec ces mots bénits que Dieu te garde et te protège mon fils, me répéta-t-il sans cesse, tous ces mots en langue Chaoui. Plein d’émotions, de ses yeux rougis par le supplice, je vis couler quelques larmes de joie. À mon tour, je suis touché par ces moments intenses devant une telle tragédie. Moi aussi j’étais heureux pour sa délivrance, heureux surtout, d’avoir été présent ce jour-là, pour sauver cet homme des griffes de la mort. D’autres, Harkis aussi émus, sont venus le saluer pour marquer cet instant de solidarité. J’ai longtemps pensé à lui et à sa famille qui vivait dans la même souffrance que la mienne.
    Brahim Sadouni

  12. Djamila BenSaid dit :

    Pour justifier la mauvaise gouvernance depuis 1962, et passer sous silence les degats commis au pays par ces individus opportunistes de tout bord, et detourner l’attention du peuple sur les vrais problemes: harraga, hogra, repression, chomage, vol etc… avant, c’etait le colonialisme et l’imperialisme qui etaient responsables du sous-developpement du pays, maintenant, le danger va venir des fils de harkis…bla-bla-bla….Le vrai danger provient des hauts responsables qui ont mine le pays, et assis des millions de dollars dans des banques etrangeres, des villas et affaires pour leurs enfants, et le vrai danger va provenir de ces enfants….et non des algeriens harkis ou non harkis.

  13. Malika Touati dit :

    http://lyesakramdz.blogspot.it/2011/05/le-tirailleur-marocain-ben-bella.html
    Le tirailleur marocain Ben Bella, l’infiltré du FLN

    Par Saâd Lounès

    Le général De Gaulle « avait programmé en juin 1958 la mise au pouvoir de Ben Bella dans quatre ans, avec l´espoir de conserver 70% du pétrole et d´avoir la main mise sur le Sahara » a révélé, dans une émission de radio, Jean Méo qui fut son chargé de mission (1958-1960), puis Pdg d’Elf-Erap (1964-1972).
    Voici donc une nouvelle pièce du puzzle historique algérien délivrée au compte-goutte, découverte par hasard. Le casse-tête de l’écriture de notre Histoire cause des migraines à plusieurs générations d’Algériens devenus schizophrènes et paranoïaques à force de se triturer les méninges sur les causes de la déliquescence chronique d’un Etat construit par des putschs, impostures, trahisons, forfaitures, mensonges et corruption.
    Les moudjahidines authentiques et les militants sincères de la génération de novembre savent beaucoup de choses mais ne disent rien. Tandis que la génération postindépendance perd son temps à essayer de découvrir et de comprendre les vérités de notre glorieuse révolution dévoyée et de notre identité bafouée, selon les bribes d’information récoltées ici ou là.
    On n’avait pas prêté grande attention aux propos accusateurs de la veuve d’Abane Ramdane qui avait déclaré à la presse que Ben Bella a été fabriqué par les Français : « Naturellement, ce sont les Français qui lui ont fait cette propagande pour lui donner un nom. C’est à partir de là que les Français ont préparé un président pour l’Algérie… La France voulait donner un chef à la Révolution algérienne, le plus bête des chefs. C’est la dernière farce que la France nous a faite. » (Liberté du 8 novembre 2002)
    Le personnage du marocain Ben Bella est un élément clé du bâclage de l’indépendance algérienne trahie par les manigances de De Gaulle et les complots des services secrets coloniaux.

    Ben Bella héros de guerre français
    Ben Bella Mohamed (son vrai nom) dit Ahmed, dit Hemimed, alias Abdelkader Mebtouche, alias Messaoud Meziani, serait né le 25 décembre 1916 (ou 1918), à Maghnia à la frontière algéro-marocaine. Fils de paysans marocains originaires de Marrakech, Embarek Ben Mahdjoub et SNP Fatma Bent El Hadj, propriétaires de terres agricoles et d’un café fondouk populaire. (1)
    Appelé sous les drapeaux français en 1937, il effectue son service militaire au 141e Régiment d’Infanterie Alpine (RIA) à Marseille où il devint sergent.
    Féru de football, il joua milieu de terrain dans l’équipe des Mitrailleurs 2.15 la saison 39-40. Il figure aussi dans l’historique des effectifs du club de l’Olympique de Marseille pour lequel il ne joua l’intégralité que d’un seul match officiel, où il marqua un but sur les 9 à 0 contre le FC Antibes. Ce passage éclair dans l’effectif de l’OM reste à ce jour un mystère. (2)
    Selon sa biographie officielle, il effectua la campagne de France en 39-40 durant laquelle il aurait obtenu une croix de guerre pour avoir abattu un stuka allemand dans le port de Marseille, ce qui reste à vérifier.
    Démobilisé, il est rappelé en 1943 et incorporé, non pas dans un régiment de tirailleurs algériens, mais au 5e Régiment de Tirailleurs Marocains (RTM), au sein de la 2e Division d’Infanterie Marocaine (DIM) au grade de sergent-chef, puis d’adjudant.
    Il côtoya dans la campagne d’Italie d’autres Marocains qui vont devenir célèbres comme Mohamed Oufkir, Driss Ben Omar El Alami, des tirailleurs tunisiens… et des tirailleurs algériens, dont les adjudants Mohamed Boudiaf et Mostefa Ben Boulaïd, le caporal Krim Belkacem, le sergent Larbi Ben M’Hidi, Rabah Bitat, etc.
    Le sous-officier Ben Bella, âgé de 28 ans, avait les qualités des soldats marocains, « des guerriers rustiques, solides, courageux et faisant preuve d’un attachement infaillible à leurs chefs… capables d’endurer de très longues marches, en sachant parfaitement bien s’adapter aux exigences du combat, particulièrement dans la montagne. Ayant un sens inné de la manœuvre et du terrain, ils possèdent une acuité visuelle étonnante, « l’œil de crécerelle » (petit oiseau rapace diurne), leur permettant de distinguer le moindre déplacement adverse. Leur adresse au tir est également exceptionnelle. Autant de qualités qui vont s’exprimer, de façon encore plus éclatante qu’auparavant, dans la campagne d’Italie. » (3)
    Ben Bella se distingua par sa conduite héroïque et sa détermination lors de la fameuse bataille de Monte Cassino. Il aurait été cité quatre fois pour son comportement au combat dont deux fois à l’ordre de l’armée, seul ou avec son régiment.
    Ben Bella se voit remettre la Médaille militaire par le général De Gaulle en personne lors d’une prise d’armes en 1944, peu après la libération de Rome, qui consacre l’énorme sacrifice des soldats nord-africains en Italie
    Il raconte, lui-même cet épisode particulier de sa rencontre avec De Gaulle : « La première fois que nous nous sommes rencontrés, c’était en avril 1944, en Italie, au nord du Monte Cassino. Il avait insisté, contre l’avis des Alliés, pour que le corps expéditionnaire français participe à cette campagne. La plupart des troupes venaient d’Afrique du Nord. J’appartenais à une unité d’élite, le 5e régiment de tirailleurs marocains (RTM), basé à El Malah. Cet hiver-là, le froid fut terrible. Nous progressions dans les montagnes, pied à pied, repoussant l’ennemi à la baïonnette, à la grenade, à l’arme automatique, parfois à coups de poignard… De Gaulle nous a gratifiés d’une visite spéciale. Il allait, disait-on, décorer cinq ou six officiers. Moi, le sous-off, je ne me sentais pas concerné. Juste avant la cérémonie, le colonel me fait chercher : « Comment, vous n’êtes pas prêt ? Dépêchez-vous donc, on vous attend ! » De Gaulle, ce jour-là, m’a remis la médaille militaire pour faits de guerre exceptionnels. » (Tribune publiée le 26 octobre 1995 par Le Monde).
    On peut lire dans les archives du Journal Officiel ce « fait de guerre exceptionnel » parmi d’autres dans la rubrique Indigènes. (JO français du 19-11-1944, Décret du 9-11-1944 portant concession de médailles militaires).
    « BEN BELLA MOHAMED, mle 6269, sergent-chef, N° R. T. : remarquable de devoir et de courage. Le 31 mai 1944, chargé d’une mission dangereuse avec une section de premier échelon, l’a remplie avec succès. Pris sous un violent tir de canon automoteur, s’est porté au secours d’un tirailleur blessé. Malgré l’intensité du feu ennemi, n’a pas hésité à se reporter en avant pour assurer la liaison devenue précaire à la suite d’un bombardement intense et prolongé. »
    Le général Alphonse Juin, né à Annaba et surnommé l’Africain, commandant de la campagne d’Italie, a souligné les « brillants états de service » de Ben Bella. Comme beaucoup d’autres Maghrébins, Ben Bella avait signé pendant la guerre son pacte de fidèle serviteur de la France et du gaullisme, « à l’insu de son plein gré ».

    Infiltration et démantèlement de l’Organisation Spéciale
    La guerre terminée, Ben Bella, démobilisé en juillet 1945, rentre en Algérie et s’engage dans le mouvement nationaliste « à pas de loup ».
    Il décrit lui-même son parcours militant sur le Procès-verbal de son audition établi le 12 mai 1950 par la police coloniale après son arrestation à Alger. Etonnement détaillé et précis, ce PV ressemble étrangement à un rapport de mission circonstancié.
    « J’ai commencé à faire de la politique juste après ma démobilisation. Je me suis inscrit aux AML (Amis du manifeste et de la liberté) mais je n’avais aucune fonction particulière ni aucune responsabilité. Aux élections municipales de fin 1945 ou début 1946, je me suis présenté sur une liste d’union indépendante. J’ai été élu et c’est quelques mois après cela que j’ai été sollicité par le PPA pour entrer dans le parti et organiser une section politique à Maghnia. » (4)
    Contrairement à ce que rapporte plusieurs dictionnaires et biographies sommaires, Ben Bella n’a jamais « contribué à la fondation de l’Organisation spéciale (OS) », mais l’a rejoint après sa création, décidée par le Congrès du PPA-MTLD en février 1947.
    Il le confirme lui-même dans le fameux PV : « J’ai rencontré Madjid. Je le voyais pour la première fois. Il m’a dit dans les grandes lignes ce que le parti attendait de moi. Une organisation paramilitaire, super clandestine venait d’être créée et le parti me mettait à la disposition de cette formation… C’est au cours de contacts successifs que Madjid m’a expliqué le détail de ma mission. » (4)
    Le nom de Ben Bella aurait été « recommandé » pour ses compétences militaires par ses anciens compagnons d’armes algériens ou marocains de la campagne d’Italie.
    Ce Madjid, dont Ben Bella ne connaissait pas l’identité exacte à l’époque, était Hocine Aït-Ahmed qui devint chef d’état-major de l’OS, remplaçant Mohamed Belouizdad souffrant de tuberculose. Il fut qualifié dans le PV par Ben Bella « d’élément trouble et perturbateur ».
    La propagande coloniale de l’époque avait fait un « tapage médiatique » sur le rôle-clé de Ben Bella présenté à la fois comme « cerveau et chef du commando » de l’attaque de la Poste d’Oran dans la nuit du 4 au 5 avril 1949, qui rapporta plus de trois millions de francs. Cette version continue à être reprise de nos jours par les médias et des livres d’histoire. Il n’en est rien. C’est encore Ben Bella lui-même qui le reconnaît : « C’est au cours d’une réunion de l’état-major de l’OS, à Alger, que Madjid nous a fait connaître l’intention du parti d’attaquer la poste d’Oran, pour se procurer de l’argent… Il m’a chargé de trouver sur place, à Oran, un local où nous pourrions en toute quiétude mettre sur pied le plan de réalisation d’une telle opération… A plusieurs reprises, je vous ai parlé de l’attaque à main armée perpétrée contre la poste d’Oran. Je viens de vous dire qu’il s’agissait d’une manifestation de l’OS, que ce coup de force avait été tenté pour satisfaire aux exigences des trublions politiques du MTLD. Je vais donc par le détail vous dire tout ce que je sais sur cet attentat. » (4)
    Ben Bella affirme qu’il n’a jamais été question qu’il fasse partie du commando, ni même Aït-Ahmed : « Pour ma part, je devais rejoindre Alger deux ou trois jours avant la date et revenir à Oran par le train de jour qui arrive à quinze heures. Madjid, lui, devait rentrer à Alger la veille, en prenant le train qui part d’Oran à vingt-deux heures environ. Ces consignes ont été scrupuleusement respectées et le 5 avril vers 13h je suis arrivé à Oran… C’est par le journal du soir Oran-Soir que j’ai connu le montant du vol et appris certains autres détails. Je devais reprendre le train du soir pour rendre compte de ma mission à Madjid… Dès le matin, j’étais rentré à Alger par le train de la veille, au soir, j’ai pris contact avec Madjid auquel j’ai rendu compte de ma mission. Là, se terminait mon rôle. Par la suite, j’ai appris par Madjid lui-même que l’argent avait été transporté chez Boutlelis où le député Khider devait en prendre livraison… Le produit du vol a été entièrement versé au MTLD par Khider. » (4)
    Le commando d’attaque de la Poste était composé de « Djelloul (Bakhti) Nemiche employé à la poste d’Oran, Ahmed Bouchaib, Boudjemaa Souidani, Mohammed Ali Khider (à ne pas confondre avec le député du même nom), Omar Haddad et d’autres militants. Khider fut chargé par Lahouel de se rendre à Oran pour transporter la somme à Alger. Conscient de l’enjeu, Khider utilisa sa voiture parlementaire, toujours protégée par la cocarde « bleu, blanc, rouge » pour accomplir sa mission. L’argent fut versé à la trésorerie du Parti. La police ne connaîtra les véritables auteurs, que bien plus tard… » (5)
    Quelques semaines après cette spectaculaire opération, Ben Bella se retrouve propulsé à la tête de l’OS à la faveur de la « crise berbériste » qui provoqua une purge au sein du MTLD et la mise à l’écart d’Aït-Ahmed et des Kabyles.
    « Le chef national de l’OS, Madjid, est passé au berbérisme et le parti, en la personne de Khider, m’a chargé de m’occuper de l’OS… en juillet-août 1949… C’est à lui et à lui seul que je rendais compte de l’activité de la formation paramilitaire. C’est de lui et de lui seul que je recevais les directives et les consignes. Aucune décision grave, aucune réforme importante n’était prise sans en référer au député Khider. C’est d’ailleurs lui, qui, chaque mois, me remettait les fonds nécessaires à la rétribution des permanents de l’OS. » (4)
    Durant la courte chefferie de Ben Bella, l’OS n’entreprendra aucune action importante. Et le temps que Ben Bella connaisse tous les rouages de l’organisation, l’OS fut démantelée au printemps 1950.
    La plupart des responsables de l’OS entreront en clandestinité, mais « Ben Bella, chef d’Etat-major de l’OS, fut appréhendé le 12 mai 1950 dans son refuge à Alger. Il était armé. Il n’avait pas pris la précaution de changer de domicile alors que l’alerte était chaude. » (5)
    Avant son limogeage, Ait Ahmed avait rédigé une brochure intitulée « L’attitude du militant devant la police », définissant le comportement en cas d’arrestation pour conserver le secret sur l’existence de l’OS, de ses membres et les caches d’armes. Ben Bella n’a donc pas respecté ces consignes et s’est mis tout de suite à table en livrant toute l’organisation.
    « Toutes ces arrestations en chaîne ― environ 500 ― opérées en mars-avril-mai 1950, amenèrent le démantèlement de l’OS et la saisie d’un nombreux matériel : mitraillettes, chargeurs, pistolet, cheddite, cordon bickford, mèche lente, détonateurs, amorces, grenades de modèles variés, postes émetteurs radio, documents, manuels militaires. L’Administration avait des preuves concrètes de l’existence organique de l’OS, de son armement, de sa structure hiérarchique et de sa subordination étroite au PPA-MTLD. » (5)

    Evasion rocambolesque
    Les quatre procès collectifs de l’Organisation Spéciale qui se tiennent de janvier 1951 à mars 1952 vont être l’occasion de mettre en valeur Ben Bella et surdimensionner son rôle par rapport aux autres responsables (Aït-Ahmed, Boudiaf, Ben Tobbal, Ben Boulaïd, Bitat, Ben M’Hidi, Didouche,…).
    La presse coloniale brosse un portrait flatteur de Ben Bella comme « Chef de l’Organisation ».
    Sur les 363 militants arrêtés, 252 seront jugés, mais la justice française tient à protéger les « traîtres », en imposant le huis clos par un jugement de la Cour d’appel : « Tous les membres de l’association paramilitaire ne sont pas actuellement hors d’état de nuire et poursuivent leurs activités. Qu’il importe en conséquence de ne pas permettre, par un débat public, aux malfaiteurs non encore arrêtés de se rendre exactement compte de ce qui a pu être découvert par nos services de police, ni de ce qui a été révélé par les prévenus, d’une part, …, d’autre part, pour éviter que des vengeances ne soient exécutés contre les prévenus ou leurs familles… ». (6) Les responsables de l’OS en fuite ne sauront donc pas, au moment du procès, jusqu’à quel point Ben Bella les avait dénoncés et dévoilé tous les ressorts de l’organisation. Deux ans après son arrestation et à peine le procès était-il terminé, que Ben Bella s’évade « miraculeusement » en avril 1952 de la prison de Blida, d’où il parvient à gagner tranquillement Le Caire via Marseille, Paris et la Suisse.
    Cette évasion est évoquée dans le livre d’un cousin d’Abane Ramdane : « Evasion rocambolesque de Ben Bella de la prison militaire de Blida en 1952 arrangée par les autorités coloniales en échange de sa coopération. Cet épisode opaque de l’itinéraire militant de Ben Bella lui sera sévèrement reproché par ses camarades de l’OS et du MTLD, notamment par Abane Ramdane qui l’accusera d’avoir trahi en livrant toute l’Organisation à la police française sans avoir subi la moindre violence. » (7)
    Pour Yacef Saadi, la compromission de Ben Bella ne fait aucun doute. « Troublante évasion ! Chez les anciens on en parle encore. Ben Bella s’évade, qui plus est de la prison de Blida. A l’époque où il était président de la République, un ancien inspecteur principal de la DST, Mohand Ousmer le connaît fort bien. Il n’hésitera pas à répandre des informations sur “l’évasion” d’Ahmed Ben Bella de cette prison de Blida dont il disait qu’elle avait été plus ou moins arrangée pour permettre à ce dernier d’arriver au Caire et ne pas manquer la grande effervescence populaire qui avait envahi les rues à la faveur de la déposition du roi Farouk par les “officiers libres”. Mais le plus important dans les propos de l’ancien officier de la DST, c’est la version qu’il donne quand il affirme que parmi les gens qui composaient la délégation extérieure du MTLD à cette époque-là, Ben Bella avait été retourné par les services spéciaux français souffrant alors d’un manque critique de renseignements sur la nouvelle direction politique de l’Égypte des militaires. » (8)
    Au Caire, Ben Bella ne perd pas de temps et c’est par l’entremise du major Fathi Dib, chef des services secrets égyptiens qu’il est présenté à Nasser, gagne sa confiance et se met à son service au nom du panarabisme.
    L’historiographie coloniale est très romancée : « Ben Bella voyage beaucoup entre l’Égypte et le Maroc, alors en pleine effervescence, l’Italie et l’Espagne. Il échappe de peu à des attentats organisés par les services secrets français (une bombe est déposée dans son bureau du Caire ; un agent des services secrets tente de l’abattre dans le hall d’un hôtel) et gagne une réputation de baraka. » (9)
    Cet exil au Caire de Ben Bella, Khider et Aït-Ahmed leur octroie une participation « honorifique » dans le Comité révolutionnaire d’unité et d’action (CRUA) créé en mars 1954. Mais ne leur permettra pas de figurer dans la liste du Groupe des 22, réunis à Alger le 25 juin 1954, qui décideront du principe du déclenchement de la révolution armée et délégueront cette initiative à un groupe de six : Boudiaf, Ben Boulaïd, Ben M’Hidi, Didouche, Bitat et Krim, qui deviendront les six « chefs historiques » du FLN.
    L’intégrité de ces hommes ne fait aucun doute puisque la préparation et le déclenchement des opérations militaires du 1er Novembre, qui a ébranlé le pouvoir colonial, s’effectueront dans le plus grand secret, auquel même les trois du Caire n’auront pas accès.
    C’est Roger Wybot lui-même qui l’explique. Directeur du Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA) lors de la seconde guerre mondiale, puis Directeur de la Surveillance du Territoire (DST) de 1944 à 1959, il est entre autres, Commandeur de la Légion d’honneur, Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc), Grand Officier du Nicham Iftikar (Tunisie).
    « Mitterrand, ministre de l’Intérieur, me fait téléphoner aussitôt ce jour-là par son directeur de cabinet adjoint, qui se lance dans une longue tirade accusatrice :
    ― Vous savez ce qui se passe en Algérie ? C’est proprement incroyable ! Des éléments étrangers, venus de l’extérieur, viennent d’y débarquer pour fomenter des troubles et provoquer une véritable rébellion. C’est absolument inadmissible ! Comment se fait-il que vous n’ayez pas prévu cette action étrangère ? La DST n’a pas fait son travail.
    Je le laisse parler sans l’interrompre puis, lorsqu’il arrive au bout de son discours indigné, je réplique froidement :
    ― J’ai le sentiment d’un léger malentendu. Tout d’abord, pour ma part, je ne crois pas à une intervention étrangère. L’explication est trop commode. Que des fonds, des armes, soient parvenus d’ailleurs, c’est probable. Mais c’est en Algérie même que le mouvement de révolte s’est développé, structuré, entraîné.
    Ce n’est pas Le Caire qui est passé à l’action, mais le “CRUA”. A ce propos, je vous suggère de vous reporter à mon rapport de mars 1954. Tout ce qui arrive aujourd’hui y était annoncé, les chefs de la rébellion nommés, les effectifs, méthodes, intentions, plans analysés. Ce document complet, il est sur le bureau du ministre de l’Intérieur depuis cinq mois.
    Le gouvernement a changé mais ce rapport, j’ai rappelé son existence en juillet. Ce n’est pas ma faute si vous n’en avez rien fait et si vous ne savez même pas ce qu’il y a dedans ! » (10)
    On ne peut être plus clair. La DST savait tout depuis le « rapport de mars 1954 », lorsque Ben Bella apprend son intégration au CRUA… Elle avait « rappelé son existence en juillet » après la création du groupe des 22 et des six historiques le 25 juin… Mais « ce n’est pas Le Caire qui est passé à l’action », parce que Ben Bella ignorait tout des préparatifs du déclenchement de la Révolution.

    Le détournement de « l’avion de Ben Bella »
    Lakhdar Ben Tobbal, décédé le 23 août 2010, a affirmé que la seule contribution de Ben Bella, est « d’avoir annoncé le début de l’insurrection aux autorités égyptiennes », au lendemain du 1er Novembre.
    Pour Mahfoud Benoune, anthropologue et historien, « l’autoproclamé zaïm de la Révolution algérienne n’a finalement jamais joué de rôle déterminant, ni dans son déclenchement, ni dans son déroulement, ni dans sa victoire finale ».
    La mise à l’écart de Ben Bella coïncide étrangement avec le désarroi des services de renseignement français pris de vitesse par les rebelles algériens qui aboutira à l’apothéose du Congrès de le Soumam réuni le 20 août 1956 au cœur de la Kabylie, qui consacre la naissance du Comité de coordination et d’exécution (CCE) organe central de la direction du FLN, composé de cinq membres (Larbi Ben M’hidi, Abane Ramdane, Benyoucef Benkhedda, Krim Belkacem, Saad Dahlab).
    Ben Bella vivra très mal sa mise à l’écart et en gardera une rancune et une haine tenace à Abane Ramdane au point de déclarer à la chaîne qatarie El Djazira, en 2002, que « le Congrès de la Soummam, célébré à grand bruit, a, en vérité, fait dévier la Révolution des objectifs tracés le 1er novembre ». Tout en accusant Abane Ramdane de « trahison ».
    Les services français ont alors imaginé une opération de grande envergure pour remettre en selle Ben Bella. Le 22 octobre 1956, l’avion marocain d’Air Atlas conduisant Ben Bella, Khider, Boudiaf et Aït Ahmed de Rabat à Tunis est détourné et contraint de se poser à Alger. La presse titrera à la une sur le détournement de « l’avion de Ben Bella ».
    Qui a averti les services français du plan de vol ? L’Histoire le dira peut-être un jour. Lorsqu’un journaliste égyptien a évoqué en 2008 des complicités marocaines dans le détournement de l’avion, Hocine Ait Ahmed a vivement démenti alors que Ben Bella n’a toujours pas réagi.
    La photo prise à leur descente d’avion est très expressive. Boudiaf, Aït-Ahmed, Khider et Lacheraf s’agitent et regardent dans tous les sens, ne comprenant pas encore ce qui leur arrive. Alors que Ben Bella reste droit, immobile, au garde-à-vous fixant l’objectif du photographe comme s’il savait exactement ce qui se passait.
    La veuve d’Abane Ramdane évoque cette anecdote étonnante qui lui a été racontée par Boudiaf lui-même. « Sur le bitume de l’aéroport, Mohamed Boudiaf tenait un porte-documents entre les mains. Un gendarme s’est avancé vers lui, le lui a pris pour le remettre à Ahmed Ben Bella. À ce moment-là, un flash a crépité pour immortaliser l’instant… Pour faire croire que c’est Ben Bella le premier dirigeant ».
    Ben Bella et ses compagnons vont passer six années de détention en France. Le prestige personnel du prisonnier Ben Bella ne cesse alors de croître. En 1958, il est désigné comme vice-président du premier Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA).
    Son nom est martelé sans cesse en toute occasion pour conditionner l’opinion publique. Le général de Gaulle, lors d’une fameuse conférence de presse tenue le 11 avril 1961, évoque le « chef du FLN » alors qu’aucune question ne lui avait été posée à son sujet : « Quelqu’un m’avait posé une question au sujet de Ben Bella, je crois, n’est-il pas vrai ? », déclenchant un éclat de rire général des journalistes dans la salle… qui ont apprécié la subtilité. (11)
    Il poursuit : « Je ne cache pas que beaucoup de gens m’en parlent (de Ben Bella)… j’en ai parlé avec le président Bourguiba… j’ai fait des communications au sujet de qui nous parlons au Roi du Maroc (Mohamed V)… et aussi à son fils (Hassan II)… à d’autres encore qui m’en ont entretenu… ».
    Le général explique qu’une fois le cessez-le-feu obtenu « Ben Bella et ses compagnons de rébellion » seront renvoyés à Rabat. Il ne prononcera jamais un autre nom que celui de Ben Bella. Et il en parle avec cette condescendance et cette suffisance du général qui a décoré le sergent-chef indigène à Monte Cassino en 1944.
    Dans cette conférence mémorable, De Gaulle résume les grandes lignes de sa stratégie d’indépendance pour l’Algérie tout en veillant à la sauvegarde des intérêts français, notamment concernant une souveraineté partagée sur le Sahara, les essais nucléaires et le pétrole.
    A l’entendre parler on comprend vite à quel point l’enjeu est trop important pour laisser les Algériens décider seuls de la construction de leur Etat et du choix de leurs dirigeants. Pour De Gaulle, l’Algérie, malgré sa révolution et ses martyrs, ne sera pas l’exception africaine à qui on peut accorder une indépendance sans contrôle.
    Le message est très clair, comme l’a révélé Jean Méo. C’est bien De Gaulle et le pouvoir colonial qui ont conditionné et préparé Ben Bella depuis bien longtemps et décidé qu’il serait le 1er Président algérien. Ce n’était donc ni Nasser, ni Hassan II, ni Boussouf et encore moins Boumediene.

    Démantèlement du GPRA après l’OS
    Quand on revoit le parcours de Ben Bella, on comprend encore mieux aujourd’hui pourquoi et comment le GPRA et les 3B (Boussouf, Ben Tobbal, Belkacem Krim) ont été balayés d’un revers de la main par De Gaulle en quelques semaines. Tous les scénarios qu’on nous a fait avaler depuis l’indépendance s’avèrent faux et édulcorés.
    L’intronisation de Ben Bella à la tête du FLN et de l’Etat a certes été faite manu militari, au pas de charge, mais les ficelles étaient tirées ailleurs. On peut revoir les images d’archives de l’époque qui montrent bien que ni Ben Bella, ni Boumediene n’avaient la carrure pour renverser à eux seuls les Boussouf, Krim, Ben Tobbal, Ben Khedda, Boudiaf, Aït-Ahmed, etc. D’autres infiltrés s’activaient dans l’ombre pour mener à bien le plan colonial. (12)
    Boumediene, l’Etat-Major Général (EMG), le clan d’Oujda et l’armée des frontières, encadrée par les déserteurs de l’armée française (DAF), ont exécutés les ordres de De Gaulle, avec le consentement de Nasser, Bourguiba et Hassan II.
    Lorsqu’en mars 1962 les accords d’Évian sont signés, Ben Bella, libéré et rentré en Algérie se sépare de ses codétenus et provoque immédiatement le démantèlement total du GPRA, des structures issus de 8 ans de guerre, des états-majors des wilayas, des partis fondés sur des décennies de militantisme, etc. De la même façon qu’il avait provoqué le démantèlement de l’OS quelques mois seulement après avoir pris son commandement.
    Ce sont désormais les structures extérieures créées à Oujda et Ghardimaou (armée des frontières, sécurité militaire, fonctionnaires du Maroc) qui viendront gérer l’Etat colonial, en remplaçant les français.
    Ferhat Abbas, intellectuel idéaliste et romantique, aigri par son éviction de la présidence du GPRA avait fait l’erreur fatale de cautionner la prise de pouvoir par Ben Bella en le rejoignant à Tlemcen. Il le regrettera amèrement un an plus tard lorsqu’il sera emprisonné au Sahara.
    A la fois candide et amer, il avouera dans un livre qu’il avait apporté sa caution historique et morale à un homme qu’il ne connaissait pas : «Je connaissais très peu Ben Bella. Ce que je savais de lui, je l’avais appris par des tiers… Le Dr Lamine Debaghine me mit en garde contre Ben Bella… Abane Ramdane me fit un portrait peu flatteur du futur président de la République en me disant “C’est Ben Bella qui dénonça notre Organisation Spéciale, l’OS”… Le même avertissement me fut donné par Boudiaf… Sa renommée a été créée de toutes pièces par les Egyptiens, les Français et les Marocains… La vérité est que Ben Bella a été le démolisseur de l’union nationale réalisée durant les combats… La médaille militaire qu’il a gagnée à Cassino sous les ordres du général Juin n’a pas, dans le destin de l’Algérie, le poids d’une seule goutte de sang de nos chouhada. Voilà ce que retiendra notre Histoire. Les élucubrations de l’ancien président de la république ne changeront rien à la vérité » (13)
    Le règne destructeur de Ben Bella prit fin le 19 juin 1965, après avoir balisé le terrain pour une prise totalitaire du pouvoir par Boumediene à mi-chemin entre le nassérisme et le stalinisme.
    De Gaulle tenta vainement de faire libérer son protégé en dépêchant à Alger plusieurs émissaires. Ben Bella le confirmera en 1995 : « Du fond de ma prison, j’ai appris que de Gaulle était intervenu auprès de Boumediene, par la voix de Jean de Broglie, alors secrétaire d’Etat, pour que j’aie la vie sauve. » (Le Monde du 26 octobre 1995)
    Après 15 années de détention, Ben Bella a été libéré par Chadli Bendjedid en 1980. Il s’exile en Europe où il crée en 1982 un parti politique d’opposition, le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA). Il revient à Alger en 1990 à la faveur de l’ouverture politique et repart aussitôt après l’assassinat de Boudiaf en juin 1992, comprenant enfin que son retour au pouvoir est plus qu’improbable, dangereux. Depuis, il faisait le tour de ses amis (France, Maroc, Egypte, Irak, Libye, URSS,…), mangeant à tous les râteliers. Hassan II, Khadafi, Saddam Hussein, etc. l’ont aidé à accumuler des richesses et des biens immobiliers. Il possèderait un château et un appartement en Suisse, ainsi que divers biens en Algérie, France, Maroc, Belgique, Espagne…
    Son compatriote et complice Bouteflika n’hésite pas à l’honorer à chaque occasion, comme lors des funérailles nationales organisées à l’attention de son épouse Zohra Sellami, décédée le 23 mars 2010 à l’âge de 67 ans à Paris où elle se faisait soigner tout en résidant à l’hôtel Crillon aux frais de l’Etat algérien.
    Aujourd’hui, Ahmed Ben Bella a 94 ans et réside en permanence à Alger, son état de santé ne lui permettant plus de voyager.

    La stratégie d’infiltration de De Gaulle et la DST
    Ben Bella n’était pas le seul infiltré manipulé par le système colonial. C’est Roger Wybot, patron de la DST, qui explique cette stratégie d’infiltration et la méthode qu’il a utilisée contre le FLN.
    « Je développe mon système d’infiltration des réseaux du FLN par des agents à nous. Les hommes que nous glissons dans le dispositif adverse, souvent à des postes subalternes, nous les aidons à conquérir progressivement de l’importance au sein de la rébellion. Nous leur permettons par exemple de passer des armes, de l’argent pour le FLN.
    Leurs convois clandestins sont protégés par la DST alors que les transports d’armement d’autres chefs fellagas sont bloqués, saisis. Avec notre accord et la complicité de l’armée française, nos agents FLN montent également des opérations bidon, de manière à se couvrir de gloire aux yeux de l’état-major du Caire et de Tunis. Chaque fois, nous organisons tout nous-mêmes pour rendre le coup de main rebelle totalement crédible.
    Au fur et à mesure, nous déblayons le terrain devant eux. Leurs camarades se font prendre, leurs chefs jouent également de malchance. Ce qui leur permet de grimper dans la hiérarchie clandestine, de remplacer ceux que nous choisissons d’éliminer. Certains de ces agents doubles vont atteindre les plus hauts échelons dans l’état-major FLN. Il nous est arrivé de manipuler des chefs et des chefs adjoints de willayas. (…)
    Grâce à ce noyautage de l’adversaire, j’ai pu tenir à jour, dès la première minute , tout l’organigramme de la rébellion, surtout en métropole. Dès qu’un attentat FLN est commis, je sais qui l’a perpétré. Si je veux en arrêter les auteurs, je n’ai qu’un signe à faire. (…)
    Mais ce qui m’intéresse, ce n’est pas tellement d’appréhender quelques terroristes algériens. La plupart du temps, je les laisse courir un peu, en les surveillant discrètement, enregistrant leurs contacts, leurs cachettes. Ma tactique c’est de lancer, de temps à autre, de vastes coups de filet décapitant partiellement leur organisation. Volontairement, je laisse toujours échapper quelques proies que je fais filer.
    J’attends que les willayas démantelées se reconstituent avec du sang neuf, puis je frappe à nouveau. Ce qui me permet, à tout moment, de contrôler l’état major ennemi, parfois d’en dresser les chefs les uns contre les autres. Par exemple, lors de certaines arrestations massives, j’épargne les éléments les plus durs, mais de manière à faire peser sur eux un climat de suspicion. Leurs amis se posent des questions, s’étonnent qu’ils aient pu s’échapper si facilement. Ils seront dénoncés comme indicateurs de police par les agents doubles que j’ai mis en place moi-même, et se feront éliminer comme traîtres…» (10)
    Le fils du général de Gaulle avait rapporté dans son dernier livre « Mon père De Gaulle », une confidence étonnante et lourde de sens faite par son père : « Nous avons laissé 140.000 harkis infiltrés dans les rangs de l’ALN ».
    Lakhdar Ben Tobbal confirme ce chiffre et la dégradation de la situation depuis le retour au pouvoir du général De Gaulle. Dans un chapitre inédit de ses Mémoires, non encore publiées intégralement, il révèle qu’à partir de 1958 « des djounoud faits prisonniers acceptaient de se joindre à l’ennemi. (…) On ne peut même pas dire qu’ils étaient l’objet de pressions directes puisque, pour des groupes de cinquante à soixante hommes armés, un seul Français suffisait pour en prendre la tête. (…) Vers les années 1959-1960, on comptait 160.000 Algériens armés, combattant du côté de l’armée française. (…) Cela se passait partout, dans les villes, les campagnes, les montagnes. Dans ces régions, l’ALN, avec ses djounoud et ses moussebiline, ne comptait pas plus de 30.000 hommes qui devaient faire face aux 500.000 soldats français et aux 160.000 auxiliaires algériens (…) Ceux qui quittaient les rangs étaient plus nombreux que ceux qui les rejoignaient. On assistait à des faits absolument nouveaux, des ralliements de groupes entiers de l’ALN à l’armée française… des unités de l’ALN finirent par se replier sur elles-mêmes. Les coups qu’elles recevaient et les pertes de plus en plus fréquentes qu’elles subissaient avaient fait que les hommes s’étaient mis à s’interroger sur eux-mêmes, sur ceux qui auraient pu s’infiltrer dans leurs rangs pour renseigner l’ennemi. Le doute et la suspicion avaient commencé à s’emparer des esprits. » (14)

    Le devoir de mémoire
    La facilité d’infiltration coloniale et des trahisons maghrébines ont en fait pris leurs racines durant les deux guerres mondiales lorsque des liens étroits de fureur, de sang et de baroud se sont noués entre les officiers français et les tirailleurs de l’Armée d’ Afrique.
    Il faut remonter aux différentes campagnes, notamment la fameuse bataille de Monte Cassino, menée par le Corps Expéditionnaire Français, pour comprendre comment se sont forgés chez des soldats algériens, marocains, tunisiens, sénégalais,… l’amour du drapeau français, la fierté du devoir accompli, la loyauté et le dévouement à leurs chefs au détriment de leur propre pays.
    Ils ont subi un véritable lavage de cerveau dans une époque trouble et complexe du 20e siècle dominée par le colonialisme, le nazisme, le fascisme, le stalinisme, l’impérialisme qui glorifiaient la supériorité de l’homme blanc et semaient la terreur.
    Enrôlés de force ou engagés volontaires, les jeunes maghrébins et africains sortaient de leurs conditions de paysans pauvres et illettrés pour découvrir subitement le pouvoir des armes, de l’ordre et la discipline militaires.
    Le réalisateur algérien Rachid Bouchareb a réveillé les consciences en réalisant un film exceptionnel, « Indigènes », sorti en 2006, qui retrace l’épopée des soldats indigènes de l’Armée d’Afrique. (15)
    Les officiers français d’élite, qui ont commandés les goumiers et les tirailleurs seront ensuite versés dans les services secrets (DST, SDECE, Service Action, 11e choc,…). Ils n’avaient aucun mal à recruter ou retourner leurs compagnons d’armes maghrébins, leurs enfants ou leurs petits-enfants, et les convaincre de trahir leurs pays… en défendant « la mère-patrie de nos ancêtres les Gaulois ».
    Par contre, les combattants qui ont manifesté un esprit rebelle intact et un attachement viscéral à la défense de leur terre lorsque leur véritable patrie les a appelés au devoir, seront vite neutralisés ou assassinés.
    Cela explique aussi l’acharnement des services français à écarter sournoisement mais énergiquement la revendication berbériste, en encourageant le panarabisme nassérien, tout-venant idéologique où n’importe qui pouvait se fondre.
    Que des Marocains et Tunisiens aient participé à la guerre de libération, c’est une excellente chose, tout comme les maghrébins l’ont fait pour combattre le nazisme durant la seconde guerre mondiale. Mais qu’ils accèdent aux plus hautes responsabilités de l’Etat algérien par l’imposture et le mensonge en cachant leur véritable identité dans les conditions que l’on sait, c’est une grave anomalie historique qui continue de persister en 2010.
    Il est temps d’ouvrir les archives coloniales et militaires et que les cinéastes, universitaires, historiens ou non, se mettent au travail et au devoir de mémoire.

    Saâd Lounès
    7 septembre 2010

    Notes :
    (1) http://encyclopedie-afn.org/index.php/BEN_BELLA
    (2) Alain Pecheral – La grande histoire de l’OM – Ed. Prolongations – 2007
    http://www.om-passion.com/effectif_425_ben-bella.html
    (3) http://www.edulyautey.org/~marocomb/articles.php?lng=fr&pg=74
    (4) PV d’audition de Ben Bella du 12 mai 1950 publié par La Tribune le 21-11-2002 http://rouina.ifrance.com/repertoirehtml/benbella.html
    (5) http://rouina.ifrance.com/repertoirehtml/origines1ernov.htm
    (6) Sharon Elbaz – L’avocat et sa cause en milieu colonial. La défense politique dans le procès de l’Organisation spéciale du Mouvement pour le triomphe des libertés en Algérie (1950-1952)
    (7) Belaid Abane «L’Algérie en guerre, Abane Ramdane et les fusils de la rébellion» L’Harmatan – Paris – 2008
    (8) Yacef Saadi – Article publié par le quotidien Liberté du 11-11-2002 http://www.webzinemaker.com/admi/m9/page.php3?num_web=11154&rubr=2&id=61847
    (9) http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Ben_Bella/98828
    (10) Philippe Bernert, «Roger Wybot et la bataille pour la DST», Presse de la Cité, Paris 1975.
    (11) Conférence de presse du Général de Gaulle du 11-04-1961
    http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/autres-conflits/video/CAF09002063/conference-de-presse-du-general-de-gaulle.fr.html (pour écouter ce passage aller directement vers la fin de l’entretien 1h07 sur 1h31)
    (12) Le putch de Ben Bella et le Clan d’Oujda sur le GPRA été 1962 http://www.youtube.com/watch?v=SWy_ivKPVHU
    (13) Ferhat Abbas – L’indépendance confisquée, 1962-1978, Flammarion, Paris, 1984
    (14) http://forumdesdemocrates.over-blog.com/35-index.html
    (15) Documentaire sur le film Indigènes

  14. Sadat dit :

    Bonjour,
    Tout cela est de la vente des sardines dans la mer. Apres l’independance, notre generation a ete manipulee de fond en comble, avec des mensonges sur l’histoire. Nous respectons nos ancetres morts durant la guerre. Mais avec le temps, le peuple algerien a compris la marmite des menteurs.
    En Algerie, il y a deux categories de gens:
    – les vrais, les braves moudjahidines qui sont restes a l’interieur du pays et combattre la France. Ceux-ci sont de vrais moudjahidines
    – les moudjahidines-touristes, qui etaient a l’etranger (Maroc, Tunisie, Egypte, etc..) qui n’ont jamais tire une boulette…
    – les moudjahidines recycles, issus des sous-officiers et officier de l’armee francaise. Juste a l’independance,, ils ont change de veste pour devenir des membres de l’ALN. Au fond ce sont de vrais harkis…..Par la suite, ils ont tous occupe de hautes fonctions, et jouissent d’une retraite
    Meme, le President Boumediene a ecrit une lettre au President francais pour lui donner la liste de ces gens et les reintegrer comme de vrais moudjafhidines,
    – d’autres Moudjahidines ont ete transformes en harkis par le FLN pour des raisons personnels, car ils detiennent des informations sur les soit-disant maquisards qui etaient de vrais collaborateurs. Maingtenant, d’un seul coup, ils sont Moudjahids et percoivent une pension.
    – Le FLN a massacre 3000 Djounouds a Oujda, sans oublier le massacre de Melouze, etc..
    Des gens innocents ont ete pendus a des oliviers… A l’independance, de petits harkis innocents, analphabetes, ont ete massacres par le FLN, sans jugement prealable, sous l’ordre de Bouteflika
    LLe Ministre de L’ONM est incapable de faire table rase et de nettoyer l’ecurie, car c’est plein de faux moudjahidines et de faux harkis. L’ONM ne fait que jacasser: » Il y a 10.000 faux moudjahidines », mais il y a aussi 10.000 faux harkis ». La situation est pourrie, car on a pourri l’histoire de la revolution algerienne, et surtout l’ONM est devenu une vache de privileges et a lait pour les non ayant-droits.
    Selon certains observateurs, il faut supprimer cette organisation corrompue et perverse,car elle ne fait distribuer l’argent du peuple algerien.
    Sadat Ahmed

  15. Merktoub Moh'Said dit :

    Sallam Alaikoume, ya almouatinine alhoure,
    Au lieu de s’attaquer aux vrais problemes, de construire notre nation, certains politiciens demagogues nous abreuvent avec les harkis. Tout le peuple algerien a souffert de la guerre, sait qu’il y a eu des derives, des derapages, avec cette geurre sanglante. Nous sommes independants maintenant. Chaque nation qui a fait la guerre, a su etre responsable devant son histoire: l’Allemagne nazie, le japon…..etc. Mais ensuite, ils sont passes a la construction de leur pays, car il y a des leaders responsables, de politiciens d’envergure. Chez nous, pour cacher leur incompetence, on cache l’arbre dans la foret. On nous abreuve avec cette haine de harki ! Et alors, il y a eu des harkis. C’est un fait historique. Va-t-on exterminer leur progeniture? Ce sont des algeriens comme tous les algeriens. Qu’un responsable honnete, digne, nous souleve une fois, les faux harkis qui existent en Algerie. Et Dieu sait ! il y en a autant que les faux moudjahidines. Personne n’en parle. A bon entendeur salut, il y a des faux harkis. C’est le FLN qui leur a fait un dossier de delation pour les stigmatiser de harkis, car ces faux harkis savent qui est le vrai Moudjahid et le faux Moudjahid. A l’heure actuelle, ils percoivent tous des pensions de l’ONM.
    C’est a l’ONM d’en decoudre et de faire la transparence dans cette manipulation politique.
    C’est la comedie humaine et politique qui a fait saigne notre pays dans le mensonge historique.
    Personne ne connait la vraie histoire de notre pays, car l’histoire a ete faussee, manipulee, utilisee a bon escient pour des raisons d’interets personnels et asseoir son pouvoir abject.

  16. Mostefa Benotmane dit :

    Depuis 1962, les hauts responsables ont vide les caisses de l’Etat, sans enumerer les scandales de la Sonatrach. Ce sont des milliards de dollars voles au peuple algerien. En comparaison de ce qu’ont fait les harkis a l’Algerie est une pincette par rapport a ces gens. Les fils de ces voleurs vont-ils figurer sur la liste electorale comme les fils de harkis ? Alors que l’on nettoie une fois pour toute, l’ecurie de notre cher pays.

  17. Malik Bentobal dit :

    Ou va-t-on avec cette mentalite retrograde, haineuse, raciste, hogariste? D’abord avant de parler de Moudjahids ou de Harkis, il faut assainir cette problematique: installer un tribunal et juger les gens. Que la justice fasse son travail, mais elle ne l’a jamais fait. Il y a de vrais Moudjahids, de faux Moudjahids, de faux Harkis, de vrais Harkis. Tant qu’aux enfants de Harki, ils n’ont rien a avoir avec le passe de leurs parents. C’est un amalgame politique et demagogique, regionaliste.
    Si les parents d’un enfant sont des homosexuels, leur enfant est de facto un homosexuel. Non.
    Qu’est-ce-que ce genre de propos malades.? Dans une societe moderne, democratique, un gusgus comme Benyounes sera traduit en justice pour incitation a la haine.

  18. rahim dit :

    chercher les actes de son oncle et de son cousin…ses liens avec la famille nezzar

  19. Ping : Plus de 30.000 anciens combattants « français musulmans  en Algérie. | «Un regard averti sur l'Algérie et le Monde.

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