Le chef du DRS Bachir Tartag met fin au culte du secret.

Nommé au mois de septembre dernier comme directeur du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général-major Athmane Tartag dit Bachir vient de mettre fin aujourd’hui à l’interdiction de montrer publiquement l’image d’un des hauts responsables du DRS. Cette rupture avec des pratiques de plusieurs décennies prend une signification très politique dans le contexte des luttes de pouvoir en Algérie.

Tartag public Légende : photo du général-major Tartag publiée par le site TSA-Algérie.

Il y a quelques jours, le secrétaire général du parti FLN Amar Saâdani s’était moqué de la posture prise par l’ancien patron des services secrets le général de corps d’armée Mohamed Mediene dit Toufik. Après avoir qualifié sa lettre (voir à ce sujet l’article Décodage de la lettre du général Toufik Mediene) de courrier de détresse, la caricaturant de texte d’un personnage qui se noie à travers les paroles d’une chanson du classique oriental. Le chef du partif FLN a eu ces mots : « qu’il nous montre son visage, qu’il crée son parti » au lieu de se cacher derrière les initiatives dites de la liste des 19 ou des propos de Louisa Hanoune.

En se laissant photographier et filmer lors des travaux de la réunion des chefs de police africains (Afripol) ce dimanche à Alger, c’est exactement le même message qu’envoie le nouveau chef du DRS le général Tartag à son prédécesseur. En mettant fin au mythe du dirigeant invisible, c’est bel et bien le général Toufik Mediene qui est maintenant forcé de se montrer ou de se faire oublier. Le pouvoir visible veut tout simplement mettre fin au mythe du pouvoir invisible.

Ajout le lundi 14 décembre 2015 :

Une précision concernant le titre de cet article. Le culte du secret désigne ici les pratiques de vénération de l’opacité au sommet du DRS, à qui a été attribuée une dimension mythique « de supériorité, d’omnipotence et d’excellence ». Les chefs des services secrets de différents pays sont tout à fait connus du grand public. Que cela soit la CIA ou la NSA aux Etats-Unis, de la DGSI ou DGSE en France, de la DST au Maroc, etc. Est-ce que ces organisations sont moins performantes parce que leurs directeurs sont identifiés et connus ? Bien entendu non ! Mais en Algérie, l’ex-DRS avait construit autour de lui toute une légende, au prétexte de pour pouvoir ainsi mieux travailler. Comme si l’invisibilité du chef participait à l’efficacité de sa structure de renseignement ! La « fin du culte » du secret ne doit pas être confondue avec la « fin du secret« . C’est juste la fin d’une fable construite sur l’absence d’images.

Baki @7our Mansour

Page Facebook  du blog : www.facebook.com/baki.hour
Page Twitter publique du blog : twitter.com/7ouria

Cet article, publié dans Algeria, Politics, Security, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Le chef du DRS Bachir Tartag met fin au culte du secret.

  1. En effet , et de plus en plus d’informations et des images sur hautes personnalités du pays se jouent aujourd’hui, et se gagnent, en travaillant les opinions . S’appuyer sur des réflexes de justice , de compassion , de « démocratie » pour créer l’émotion qui emportera la partie .
    Sa tête m’inspire confiance inchaalah !

Règles des commentaires: 1. Restez courtois et respectueux. 2. Pas de copier/coller abusif (maximum quelques lignes). A la place, merci d'indiquer un lien http. 3. Pas de Spam ou de Squat. Le non-respect de ces quelques règles peut valoir une interdiction sans avertissement.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s