Bouteflika : Retour vers le futur n°4.

Avertissement : ce texte relève de la politique fiction. Bien que la réalité algérienne dépasse la fiction.

De notre envoyé spécial à Alger, le 18 avril 2014.

Abdelaziz Bouteflika a été réélu avec 99,97% des voix hier. Candidat unique conformément à la constitution de la république algérienne démocratique et populaire de 1976. Sidna Bouteflika, secrétaire général du parti du Front de Libération National, commandant en chef des forces armées, père du développement national, entame son huitième mandat de président. Il avait succédé à Houari Boumédiène à la présidence en 1979. L’impétueux colonel voulait faire de l’Algérie le Japon de l’Afrique, quelques voix discrètes chuchotent que Bouteflika a réussi au delà des prévisions de son père spirituel. Il en a fait une Corée du Nord africaine.

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Il est très difficile de connaitre l’avis des citoyens dans les rues d’Alger en raison de la présence massive d’informateurs de l’effrayante Sécurité Militaire. Aucune information ne circule sur l’état de santé du président. Des posters géants du grand leader sont omniprésents et toute critique est interdite. Le simple fait de cracher à proximité d’un poster peut valoir une interpellation. La dernière apparition du président remonte au 8 mai 2012 à Sétif. Lors de son dernier discours, Abdelaziz Bouteflika avait alors déclaré que les contre-révolutionnaires menaient leur ultime combat. Et que leur « jardin était mûr » (« Tab Jnanhoum »). Il affirmait que la récolte des fruits de la révolution socialiste du peuple était inéluctable.

Dans une configuration régionale mouvante avec les renversements de régime en Tunisie, en Libye et en Egypte. Les services de l’homme de l’ombre Yazid Zerhouni verrouillent encore plus la société. le Maréchal Z dirige depuis 35 ans la police politique. Aucune figure de l’opposition n’aurait survécu à ses opérations d’élimination. L’ancien président Ahmed Ben Bella est décédé dans sa cellule en 1988. Officiellement d’un ulcère hemorrhagique. Et l’un des fondateurs du FLN, Hocine Aït Ahmed est mort d’une attaque cérébrale en 1994. Le régime d’Alger est soupçonné de l’avoir empoisonné. Les ONG internationales estiment qu’environ 20.000 prisonniers politiques croupissent dans les geôles algériennes.

Une insurrection armée se développe, principalement dans le Sud-Est du pays. Alger accuse al-Qaida d’être derrière la rébellion armée. La principale milice rebelle dépend de l’EIM (Etat Islamique du Maghreb) qui contrôle de vastes zones à cheval sur la frontière algéro-libyenne. Des centaines de jihadistes européens participeraient aux combats. La guerre civile prend des proportions inquiétantes avec des bombardements aériens signalés à El Oued et Tébessa. En parallèle, le FLK (Front de Libération de la Kabylie) milite pour la sécession de toute la région entre l’Est d’Alger jusqu’à Annaba. Le régime a perdu le contrôle de régions entières du pays. Il concentre ses forces pour garder la mainmise sur l’Algérie utile, celle de l’industrie des hydrocarbures et de la bande littoral. Le ministre des affaires étrangères Farouk Ksentini a accusé le Maroc d’accueillir des bases de la CIA. Plusieurs médias internationaux rapportent que des rebelles de l’ALA (Armée Libre Algérienne) y reçoivent un soutien militaire occidental. Signe d’une confiance relative dans le commandement de l’ANP (Armée Nationale Populaire), des troupes de choc seraient désormais sous le commandement du frère cadet Saïd Bouteflika.

Sur le plan international, un assemblage de divers mouvements d’opposition essaie d’ébaucher une transition politique. Un front hétéroclite sous la direction d’un ancien diplomate, Lakhdar Brahimi. Mais au niveau du Conseil de Sécurité de l’ONU, Alger peut compter sur le soutien ferme de Moscou. Et des tractations secrètes seraient mêmes en cours pour mettre à la disposition de la marine militaire russe la base stratégique de Mers el Kébir. Dans cette ambiance volatile, la réélection de l’invisible Abdelaziz Bouteflika est le signe d’une stabilité chancelante. Une situation que tentent de maquiller les médias d’Etat. Malgré le recours à des titres guerriers et l’usage d’une langue de bois surannée. Comme le révèle la Une du quotidien du parti unique FLN El Moudjahid de ce 18 avril « La réélection de notre père Bouteflika. Un signe tangible que notre patrie éternelle sera le tombeau de l’impérialisme américano-djihadiste-sioniste. »

NB: Ce texte est dédicacé à tous ceux qui disent que l’ouverture démocratique de 1989-1991 est à la source des problèmes actuels de l’Algérie. Dédicacé aux ultra-nationalistes et autres anti-démocrates qui voudraient effacer les restes de la liberté d’expression et d’un véritable multipartisme en Algérie. Imaginent-ils un instant les conséquences de la régression qu’ils souhaitent de tous leurs vœux ?

Baki @7our Mansour

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